Allah est grand, la République aussi de Lydia Guirous

Publié le 26 février 2015

9782709646703-T
Le livre est à la fois une autobiographie et un appel urgent au sursaut de notre République, pour l’application de ses valeurs et de ses règles. IL a été publié en novembre 2014. Diplômée de l’Université de Paris Dauphine et de l’ESCP, elle est aussi la fondatrice de l’association Future au Femina et a créé la cellule SOS Harcèlement sexuel (APHP). J’ai aimé son livre. Car c’est celui d’une jeune femme de 29 ans, libre qui en appelle à la responsabilité de tous, des élus, face au recul de nos valeurs, du vivre ensemble, face au recul de la générosité et de la tolérance. Elle juge les politiques à leur capacité à faire appliquer les lois, comme la laïcité, l’égalité homme-femme, la démocratie, la justice sociale, le droit à un enseignement laïc de qualité pour tous, le devoir de rétablir l’Etat de droit dans des quartiers sensibles des banlieues. Page 12, elle écrit que la Laïcité n’est pas de l’islamophobie. Elle juge les politiques à leur capacité à faire reculer de toute urgence le front national, l’islam radical, les replis identitaires et sectaires, le communautarisme. Elle dénonce les alliances passées à des fins électorales, avec des communautaristes. Elle a décidé, comme d’autres musulmans en France, d’être Française avant tout. Pour étayer son propos, elle raconte avec humour son parcours. Les raisons de l’arrivée en France de sa famille. Née dans un village algérien, elle a fui avec ses parents la guerre civile, la terreur exercée par le FIS, la répression d’un printemps kabyle. Les Kabyles réclamaient la reconnaissance de la langue berbère, une démocratie transparente et laïque. Pour sa famille, la France était l’Eldorado des libertés. Elle a fait de brillantes études, car elle a appris à ignorer la discrimination, le racisme, l’harcèlement des Frères, à son égard, car elle était une beurette, une infidèle, une « colla-beur » et travaillait bien à l’école. Elle a pu, au cours de ses études universitaires apprécier la chance des étudiants français de pouvoir mener des études dans des conditions abordables, ce qui n’est pas le cas en Grande Bretagne et aux Etats Unis. Elle s’empare de tous les sujets qui fâchent : le voile à l’école, au travail, à l’université, les effets pervers des mesures en faveur de la discrimination positive, la diversité, la parité homme femme, l’instrumentalisation des femmes et des minorités visibles à des fins électorales. Le communautarisme, l’ignorance, la haine, l’abandon d’une frange pauvre de la population ont donné les Mohammed Merah, les Mehdi Nemouche, ils n’avaient pas encore donné colibaly et les frères Kouachi.