Le Baroque et la mort

Publié le 27 avril 2009

J’avoue ne pas vibrer aux excès décoratifs, à la surcharge expressive des églises de la contre-réforme mais le baroque recouvre pour moi une civilisation, une époque et surtout une posture, face à la mort, face à la vie, face à la beauté. Situons le baroque dans le temps et dans l’espace. La période se situe grosso modo entre 1550 et 1750 dans l’Europe entière. Elle englobe Montaigne en amont et Bach en aval, mais elle poursuit sa route en Amérique latine au XIXème siècle. Le baroque a pris des colorations différentes suivant les pays. Le Baroque français n’a jamais été aussi débridé que le baroque italien. Le dernier quart du XVII a vu le triomphe du classicisme en France. Mais même à ce moment là le baroque français a continué à vivre dans les opéras de Lully. Il y a donc des baroques. Une même vision du monde les réunit pourtant. Il y a une rupture entre la pensée de la Renaissance, enfermée dans le géocentrisme et l’immobilité de la beauté formelle et la vision du baroque. La vision baroque intègre les découvertes de Copernic, de Galilée et de Kepler. l’héliocentrisme, le mouvement perpétuel et le temps, donc la fragilité […]