Henry Purcell par Claude Hermann

Publié le 16 février 2010

ClHermannPurc1_0906210803.jpgHenry Purcell est mon compositeur baroque préféré. La beauté aérienne, la richesse expressive de sa musique me touchent profondément.

Il se trouve que le XVIIe siècle anglais aussi. Je ne pouvais qu’être comblée par la lecture de la biographie de Purcell publiée par Claude hermann en février 2009.
En effet cette biographie de Purcell dresse un très beau portrait du compositeur, mais aussi fait revivre un demi-siècle de grandes turpitudes du pays, un peu plus que le passage de Purcell sur terre, puisqu’il naquit en 1659 et mourut en 1695 à l’âge de 36 ans. Non seulement Claude Hermann a su faire revivre un contexte socio-politico-religieux particulièrement agité, avec moult détails de la vie quotidienne, mais elle m’ a surtout permis de comprendre la succession des périodes traversées et le rôle de chacune d’elles dans l’ éclosion d’une effervescence musicale remarquable et du génie de Purcell. L’accroche de la biographie est saisissante : « Un siècle avant les Français, les Britanniques faisaient leur révolution politique et adoptaient une monarchie de type constitutionnel s’appuyant sur le protestantisme et un Parlement fort. C’était en 1688 : Purcell avait vingt-neuf ans. Pour parvenir à ce résultat, il avait fallu les sanglantes répressions d’Elisabeth 1er », les règnes de deux premiers rois Stuart absolutistes, la décapitation de Charles 1er en 1649, la dictature puritaine de Cromwell, la Restauration avec Charles II, puis Jacques II, pendant trois ans. En 1688 est aboli l’absolutisme sous le règne de la Reine Marie et son mari Guillaume d’Orange. Henry Purcell naît en 1659 dans une famille de musiciens. Il bénéficie du retour des fêtes musicales et théâtrales avec le règne de Charles II, après dix ans d’interdiction sous Cromwell. Charles II s’inspire de son cousin Louis XIV pour encourager les arts et les sciences. Dès son retour est créée la Royal Society. Henry Purcell fut attaché à la Chapelle Royale toute sa carrière musicale qui commença très tôt, puisqu’il chantait dans la chorale royale des Enfants, il apprit auprès des meilleurs organistes et violonistes du royaume. Henry Purcell enchaînait les célébrations de toutes sortes dans les genres musicaux les plus variés. Mais le roi oubliant de régler ses dettes, Henry Purcell répondait aussi à toutes sortes de commandes privées et publiques. Homme de son temps, « il pouvait compter sur la société de la Restauration, tournée comme elle l’était vers la musique et le divertissement pour acheter ses partitions et les jouer, pour apprécier ses musiques de théâtre et se précipiter à Dorset garden pour voir ses opéras. .. » Le violon, les femmes sur scène, les concerts publiques font leur apparition, les chansonniers dans les tavernes font recette.

Dès 1683, Purcell devient le compositeur anglais de chansons le plus productif et le plus novateur.

Après la Glorieuse Révolution de 1688,Guillaume III instaure l’austérité à la cour, et interdit l’usage des violons.Purcell devint les cinq dernières années de sa vie « le plus grand et le plus prolifique compositeur du théâtre londonien. » L’homme se dévoile par son goût pour la vie bien qu’il fut toujours fasciné par la mort. Combien d’hymnes et d’odes pour les funérailles des grands princes Purcell eut à composer, y compris un Requiem pour la Reine Marie décédée quelques mois avant lui qui sera joué le jour de ses propres funérailles.