L’enchanteresse de Florence par Salman Rushdie

Publié le 2 janvier 2009
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Salman-Rushdie-wins-the-1-001Début XVIe siècle, un jeune Florentin qui se fait appeler Mogor dell Amore arrive à la cour d’Akbar, le grand Moghol, digne descendant de Gengis Khan au cœur de l’Hindoustan. Il est revêtu d’un costume d’Arlequin, magicien, et conteur d’une folle histoire qui pourrait lui apporter la gloire ou lui coûter la vie. Il prétend être le fils de l’enchanteresse de Florence, femme aux destins multiples. Cette princesse oubliée, la princesse aux yeux noirs Gara Köz, dont la beauté sans pareille fit basculer le destin d’un empire serait peut-être la mère du voyageur florentin et la grand tante disparue du roi moghol. A la cour de la cité impériale,le jeune audacieux se hisse très vite à un rang élevé. Il fait revivre le destin fabuleux de sa prétendue mère et nous transporte de l’Inde aux portes de l’Afghanistan, en Perse, en Turquie, puis à Florence en pleine révolution. Un coup d’état vient de faire tomber la jeune république et revenir au pouvoir la famille Médicis. On y frôle le souvenir terrible de Savonarole, on y côtoie le clan des Vespucci et de Machiaveli dans un chassé croisé entre fastes européens et songes orientaux. Par le biais de récits enchâssés aux multiples miroirs, au prix de détours et de revirements sans cesse accomplis, son histoire secrète nous est peu à peu dévoilée.

Tous les ingrédients de l’exotisme et du conte oriental sont présents :

harems, splendides princesses, palais enchantés, sortilèges et empoisonnements, érotisme et sensualité. Nous sommes plongés dans l’univers des mille et une nuits. Mais le récit de Mogor nous ramène également en Occident, au cœur de la Renaissance italienne et de l’Humanisme florentin. En définitive, Orient et Occident se mêlent pour ne former qu’un seul espace, qui rejoint également le Nouveau Monde. Le conte oriental se fait également conte philosophique. Akbar est un despote éclairé qui réfléchit sur lui-même et sur la transcendance divine. A Sikri, il a instauré la tolérance religieuse et se demande si les dieux ne sont pas uniquement des créatures de l’homme. Se dessine ainsi le rêve d’un monde sans fanatisme religieux. Salman Rushdie nous livre également une réflexion sur les pouvoirs de l’imagination et de la fiction.