Le baiser de sorcière par Pierre Bergounioux

Publié le 2 mai 2014

Cette œuvre littéraire est composée de deux courts textes, publiés tête bêche. L’essai contient 70 pages et le récit 46. Le premier s’intitule « le récit absent » et le second « le baiser de sorcière ». J’ai commencé par le récit, unique en son genre, très vite fascinée par la nouveauté du contenu, son intérêt documentaire, une page jamais écrite de la prise de Berlin, par l’Armée Rouge en avril 1945. Les blindés (les JS 22) ouvraient la voie, suivis de près par l’infanterie. Dans les tanks, des intellectuels, à pied  des Caucasiens illettrés. L’illusion du réel est parfaite, tant les connaissances techniques et historiques  sont précises. Nous sommes au cœur  des combats de rue, nous respirons le diesel et la chair calcinée, nous éprouvons la même nausée que les tankistes, nous sommes morts de soif et de peur, le bruit assourdissant  du canon nous crève les tympans. Le récit absent concerne plusieurs absences. C’est celui qu’aucun tankiste soviétique n’a pu écrire des combats dans Berlin. Ceux qui l’auraient pu l’écrire sont morts à cause de l’efficacité  des panzerfausts  nazis. Ces lance-fusées carbonisaient tous les hommes dans le tank. A la place de la tourelle, on voyait  un trou noir, un cratère qui suggérait la […]