Une femme en colère par Wassyla Tamzali

Publié le 8 janvier 2010

Lettre d’Alger aux Européens désabusés La voix de cette intellectuelle féministe algérienne est à écouter de toute urgence. Le livre de Wassyla Tamzali sorti l’automne dernier apporte un éclairage vivifiant aux débats sur l’identité, le voile islamique, la place faite aux femmes musulmanes. Wassyla Tamzali commence par décliner les différentes facettes de son identité. Née en 1941, Wassyla Tamzali a été avocate à Alger puis directrice des droits des femmes à l’Unesco. Elle milite dans le mouvement féministe maghrébin. « Aussi loin que je fasse remonter mes pensées, mes engagements politiques, à commencer par le temps de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie, [les Européens] ont été ma référence. L’introduction de Sartre au livre de Franz Fanon, les Damnés de la terre, et le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir ont éclairé mon itinéraire intellectuel ». Mais elle a dû vivre « la concurrence douloureuse entre l’appartenance à sa culture d’origine et le désir de liberté.. » Il faut écrire l’histoire et expliciter l’identité recomposée et réconciliée des intellectuel(le)s du Sud « Je suis du clan de ces femmes et de ces hommes épris de liberté qui, bien qu’appartenant à un pays et à une histoire n’hésitent pas à engager […]

Ne vous résignez jamais par Gisèle Halimi

Publié le 14 avril 2009

Le refus de se résigner et de se laisser recroqueviller par ses 80 ans est à l’origine de la décision prise par Gisèle Halimi un certain 27 juillet 2007 d’écrire ce livre. Elle l’a entrepris pour témoigner d’une vie consacrée au féminisme, livrer les réflexions qui ont présidé au choix de tous ses combats. Son féminisme, raconte-t-elle s’est nourri de la lecture du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, mais elle le considère très différent du sien :le sien est né d’une révolte violente dès sa pré-adolescence contre l’éducation reçue, la discrimination entre ses frères et elle, l’obligation entre autres de les servir.Elle est née dans la Tunisie des années 30. Son père Edouard, était un fabuleux conteur mais inculte ; sa mère Fritna, fille de rabbin était pétrie de croyances et de traditions. Pour obtenir gain de cause, elle tint une grève de la faim quatre jours. « Mon féminisme instinctif s’est construit en même temps que se construisait ma vie ». Il l’a amenée à investir dans les études, puis la profession d’ avocate politique, à plaider dans les grands procès faits aux militants de l’indépendance de la Tunisie, puis de l’ Algérie,à transgresser la loi quand elle […]

Les femmes qui lisent sont dangereuses, par Laure Adler & Stefan Bollmann

Publié le 10 février 2009

L’ouvrage rassemble des peintures et des photographies allant du Moyen-âge à nos jours qui offrent toutes des portraits de femmes face à leur livre, journal, lettre. Quelques 130 illustrations ont été choisies pour figurer dans ce petit musée imaginaire. Pourquoi un tel titre ? L’angle d’approche des deux auteurs est celui de l’histoire de la lecture chez les femmes. La bible a été longtemps interdite aux femmes avant d’être la seule autorisée. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle, que les femmes commencent à s’octroyer l’accès à d’autres lectures. C’est elles d’ailleurs qui feront le succès du roman. Jusqu’à très tard, la société voyait d’un mauvais œil le nombre croissant de femmes devenant lectrices. Les auteurs rappellent qu’il aura fallu des siècles avant qu’il soit accordé aux femmes de lire à leur guise. Dès l’instant où elles envisagent la lecture comme une évasion vers l’espace illimité de la pensée, de l’imagination et du savoir, les femmes deviennent dangereuses. Qui dit lecture dit émancipation de la pensée, et la lecture a toujours été l’affaire des femmes. Les peintres et les photographes en donnent une idée plus vraie que ne le feraient toutes les statistiques. le fil de l’histoire de cette lecture féminine conduit […]