Testament à l’anglaise par Jonathan Coe

Publié le 21 janvier 2009
Mots-clés:

jonathan-coeWinshaw a 81 ans et elle est prise pour une folle parce qu’un soir de l’hiver 1942, son frère Godfrey a été abattu par la DCA allemande au dessus de Berlin et qu’elle reste persuadée quarante ans plus tard que le frère aîné Lawrence a été l’instigateur de sa mort. Une folle dans une grande famille, l’aristocratie anglaise en a vu d’autres. Mais voilà que Tabitha se mêle de commander à Michael Owen, un jeune écrivain dépressif, une histoire de la dynastie des Winshay qui occupe tous les postes clé de l’Angleterre des années 80 : les années Tatcher. Cette histoire va s’étaler sur 50 ans, comporter de nombreux flash-back, de nombreux entrecroisements d’époques, de personnes dans lesquels on se perd un peu. Jonathan Coe promène des personnages différents dans des époques et des milieux qui varient beaucoup, dans une ambiance de roman policier à la Agatha Christie, une sombre affaire de « meurtre en famille ». L’intrigue n’est qu’un prétexte pour explorer la vie politique anglaise de ces dernières années.

Jonathan Coe dénonce la façon dont les gouvernements ont peu à peu démembré dans son pays les avancées sociales et culturelles.

Au travers de chacun des membres de la famille Winshay, plus pourris les uns que les autres, tout y passe : les magouilles politiques, l’agriculture intensive empoisonneuse, la désinformation criminelle sur la guerre en Irak, la condition désastreuse du système de santé anglais. Humour noir, satire politique grinçante sont au rendez-vous pour montrer et dénoncer la domination des plus hautes sphères d’un pays par un petit groupe dominant. Le livre donne à réfléchir sur le modèle ultralibéral, notre manière de consommer et de gober toutes les manipulations, sur les mutations en cours de nos sociétés.